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Tous ceux qui sont en charge d’une institution rêvent avec raison à une organisation parfaite. Une organisation où tout serait fluide, où chacun œuvrerait pour le bien commun, où la pleine puissance de tous ses membres serait au service du projet. Malheureusement cela n’arrive jamais ou, si cela arrive, cela ne fonctionne qu’un temps limité. Dès lors, il est de bon ton de s’en lamenter et de récriminer contre la nature humaine, incapable de se défaire de sa voracité, de son goût du pouvoir, de son désir de richesse, de sa propension à vouloir dominer l’autre. Et si cela était une bonne chose ?

L’actualité voit fleurir toutes sortes de théories du complot. Des complots à grande échelle pour les spécialistes du genre, mais aussi des complots plus modestes. Des complots de l’oligarchie, des complots de la finance, des complots des puissants. Or, pour prendre le contrôle d’un pays, aussi bien que pour prendre le contrôle du monde ou celui d’un village ou d’un quartier, il faut une organisation. Il faut des gens qui se liguent et qui fassent œuvre commune dans la durée. Et si en effet, une organisation parfaite était possible, alors nous aurions raison de craindre l’émergence d’une telle machination. Mais il n’en est rien. Ce qui nous sauve des complots de toutes sortes, ce sont la voracité, le goût du pouvoir, le désir de richesse, la propension à vouloir dominer l’autre, tous inhérentes à la nature humaine…

Article paru sur le site dirigeant.fr